07 Nov Vu d'en Face par Martin LACROIX

Chaque saison, le public attend cette date avec un engouement constant, le Derby. Une rencontre particulière pour deux équipes singulières qui nous offrent toujours à cette occasion un spectacle intense. Une aréna comble, une motivation à son paroxysme, un engagement physique et moral à son maximum, telle est la promesse de ce match.

Les Basques, en quête de régularité, arrivent d’une défaite à Montpellier en mort subite et ont perdu contre l’ogre Lyonnais sans démériter la semaine dernière. 5èmes du classement général, les hommes d’Olivier DIMET, voient avant de regarder le Derby, la possibilité de glaner 2 points et de recoller la tête du classement. La frontière entre l’intensité et l’indiscipline dans ce match sera sûrement un des éléments essentiels pour la victoire. Les joueurs devront jouer à leur plus haut niveau et ne pas tomber dans le piège de la provocation. L’Hormadi devra encore pallier à l’ absence de plusieurs joueurs sur blessure pour ce match.

Les Bordelais, auteurs d’un magnifique début de saison, n’ont perdu qu’un seul match face au leader Lyonnais. Forts de leur victoire contre Nantes le week-end dernier, les Boxers souhaitent continuer leur parcours quasi sans faille dans ce championnat. Bordeaux n’a encore jamais perdu à l’extérieur et les joueurs de l’Hormadi devront tout faire pour se poser en réel obstacle face à des Boxers qui salivent d’avance d’accrocher les Angloys à leur tableau de chasse.

Pour ce Vu d’en Face, nous avons eu le plaisir de rencontrer Martin LACROIX, le nouveau coach québécois des Boxers, qui nous présente son équipe et nous donne ses impressions à la veille de son premier Derby.

Bonjour Martin, peux-tu nous parler de ton parcours entre Canada, Allemagne et France ?

J’ai débuté ma carrière au Canada en 1988, et j’ai slalomé pendant plusieurs années entre l’Amérique de Nord et le continent Européen. En France, j’ai joué à Rouen une saison, mais c’est à Angers que j’ai pratiqué le plus en restant plus de 8 ans avec les Ducs. Pendant que j’étais joueur, je n’avais jamais vraiment songé à devenir coach. J’ai commencé à y réfléchir à Angers car à 41 ans, il fallait bien que je pense un jour à raccrocher les patins. C’est dans ce cadre que je suis devenu assistant-entraineur, avant de devenir coach des Ducs la saison d’après. J’ai également supervisé pendant deux ans l’équipe de Cergy, avant d’accepter le nouveau challenge de Bordeaux.

Première saison aux manettes des Boxers, comment s’est déroulée ton arrivée ?

Ca s’est très bien déroulé. Je me suis installé en mai à Bordeaux, où j’ai pu rencontrer l’équipe et mes collaborateurs, ainsi que préparer la saison. Après je suis parti à Montréal pour les vacances et à mon retour, j’ai eu le meilleur accueil qu’on pouvait espérer.

Peux –tu nous décrire le visage de ton équipe?

J’ai la chance d’avoir une équipe complète qui s’engage autant à domicile qu’à l’extérieur. Ce qui me séduit le plus chez eux c’est leur force de caractère. Ils sont talentueux mais ils vont toujours avoir envie de progresser à force de travail tout en conservant une certaine humilité, indispensable dans ce championnat. Les meilleurs joueurs sont les premiers à donner l’exemple. Ils ne campent pas sur leur acquis et cette application fait progresser l’ensemble du groupe. L’esprit d’équipe de mes joueurs doit être l’un des moteurs essentiels de cette formation. Les recrues l’ont bien compris et chacun apporte sa pierre à l’édifice tout en se mettant au service du groupe.

Bordeaux, après une saison délicate en 2011-2012, a fait une très jolie édition 2012-2013 jusqu’en demi-finale. Cette année, quelles sont les ambitions des Boxers ?

On me pose régulièrement la question, mais pour l’instant il n’y a pas d’objectif arrêté autre que la participation aux Play-Offs. Maintenant, je souhaite pouvoir aspirer à finir dans les 4 premières places pour avoir l’avantage de la glace. Le championnat va être très long et son homogénéité montre que le classement sera comme la saison dernière : il se jouera à quelques points.

Vous avez fait un début de saison quasi-parfait en ne perdant qu’un seul match contre les Lyonnais, malgré la difficulté d’avoir été privé de glace à domicile jusqu’à mi-octobre. Quel bilan, peux-tu établir après ces 9 premières journées ?

En vue du contexte, on ne peut être que très satisfait. Nous avions beaucoup d’interrogations en début de saison, à savoir si les joueurs n’allaient pas être trop fatigués avec l’ensemble de ces déplacements. Et au final, on s’en est bien sorti. Il faut donner beaucoup de crédit aux joueurs qui ont été d’un professionnalisme exemplaire. Avant même le premier match, on a prévenu l’ensemble du groupe que le manque de glace ne devait pas être l’excuse facile en cas de défaite et leur attitude de compétiteur nous a prouvé que le message était bien passé.

On a pris les matchs un par un, sans faire de pronostics hasardeux. On pensait juste à revenir avec deux points et il ne faut pas se cacher que la victoire facilite la bonne atmosphère dans le groupe. Maintenant, il y a eu des victoires à l’arrachée avec par exemple Dunkerque ou Cholet qui nous ont poussés au-delà du temps réglementaire. Il nous faut donc continuer à travailler pour ne pas avoir de mauvaise surprise.

Ca va être ton premier Derby entre l’Hormadi et Bordeaux. Y a t’il une atmosphère particulière à l’approche de ce match qui a toujours une place singulière dans le calendrier ?

Je suis très conscient du Derby et de ce qui va se jouer demain. Pour moi, c’est le vrai derby de D1. Il y a une excitation chez les joueurs et le public qui est vraiment différente des autres matchs. On va avoir droit à une atmosphère électrique. Ce type de rencontre est une aubaine pour le hockey sur glace et la promotion de notre sport.

En vue des deux matchs amicaux (1 victoire partout), à quel type de rencontre te prépares-tu ?

Ca va être fun … Il va y avoir deux belles équipes sur la glace. Le match va sûrement être très engagé et surtout plein d’émotions. Anglet est chez lui et on sait que devant son public, les basques ne lâcheront rien. L’avantage, dans ce genre de rencontre, que ce soit pour Olivier ou moi, c’est qu’il n’y a pas besoin de long discours pour motiver nos troupes.

Ton groupe sera-t-il au complet pour demain soir ?

Oui pratiquement. Seul François PAQUIN ne sera pas du match.

Pour finir, quel regard portes-tu sur Anglet ? Comment décrirais-tu cette équipe ?

Anglet fait partie des très bonnes équipes de Division 1 et ils ont la chance d’avoir un très grand gardien avec Eddy. Le groupe a de très bons joueurs dans l’ensemble des compartiments de jeu, notamment en défense avec, jusqu'à récemment, très peu de buts encaissés. L’Hormadi est une équipe dangereuse et peut battre n’importe qui si elle joue à son meilleur niveau.

Jouer sur la Côte a toujours un parfum particulier. Je me souviens encore la première fois que je suis venu ici, c’était en 1992 avec Angers. A chaque fois que tu parles de ce club, c’est la même phrase qui revient : « c’est l’aréna sur la plage ».

En plus de sa situation géographique exceptionnelle, l’équipe a une belle histoire à raconter. C’est vraiment agréable de venir pratiquer ici.

Merci Martin, nous vous donnons rendez-vous demain soir à la patinoire de la Barre à 20H30.