01 Nov Eddy Ferhi, l'après-carrière...

Publié le 28 octobre 2014.
 
Lors de la réception de Courbevoie, le 18 octobre dernier, le coup d'envoi fictif avait été donné par deux anciens angloys, qui avaient pris leur retraite sportive à la fin de la saison dernière, Géraud Maréchal et Eddy Ferhi. Photo
 
 
Eddy Ferhi, l'ex gardien de nombreux clubs dont l'Hormadi (4 saisons, dont ses trois dernières), revient avec nous sur son passage à La Barre voilà 10 jours, et nous explique ce qu'est sa vie aujourd'hui, loin mais pas si loin du hockey.
 

Entrevue

 

Fin août d'habitude, c'était la reprise des entraînements. Cette année, il n'y pas eu de reprise pour toi puisque tu as mis un terme à te carrière en fin de saison dernière. Tu as ressenti un manque ?

J'ai ressenti un manque énorme, peut-être le plus compliqué de toute ce processus de reconversion que j'avais entamé il y a 3 ans en quittant Grenoble et le très haut niveau français. Certainement parce que, contrairement aux autres étapes, c'est celle que je n'avais pas anticipée et pour laquelle je n'étais pas préparé. La reprise m'a prise par surprise, et c'est là que j'ai vraiment pris conscience que tout était fini. Dur...

Le hockey et l'Hormadi te manquent-ils ?

Beaucoup. L'ambiance de ce club est très particulière. Au niveau des joueurs évidemment, mais aussi du coaching avec Olivier Dimet qui est très participatif dans son approche, pas du tout dictateur. Ca permettait à un "vieux" comme moi de se sentir encore plus impliqué. Mais aussi à l'échelle du management du club aussi, puisque la direction a toujours été très compréhensive de ma situation, et m'a vraiment permise de profiter au mieux de cette expérience, malgré d'autres obligations parfois conflictuelles. Et pour tout cela je suis très reconnaissant.

 

 

Nous avons eu le plaisir de te retrouver, à l'occasion du match à domicile face à Courbevoie, en compagnie de Géraud Maréchal. C'est un retour en spectateur qui se tramait dans les coulisses ?

Oui, c'était prémédité. C'est dans la droite lignée de ma réponse précédente. Ca s'est fait à l'initiative du club, qui nous a invité à donner le coup d'envoi et surtout à venir vivre un moment de plus avec ce club. Objectif réussi.

Comment as-tu vécu ce retour à La Barre, en spectateur et invité, après l'avoir quitté lors de la dernière rencontre du championnat 2013-2014 ?

Très bien. J'ai pris beaucoup de plaisir à regarder le match, même si son déroulement ne fut pas celui espéré. J'ai l'impression d'avoir bien tourné la page maintenant. Mais est-ce que j'ai ressenti l'envie de remettre l'équipement et de prendre part aux débats ? Ce serait mentir que de dire non, évidemment...

Toujours les yeux sur le palet !

 

Malheureusement, l'après-match n'a pas été à la fête. Mais Tu as suivi le parcours de l'Hormadi depuis le début de la saison ?

Bien sûr. Je suis tous les matchs, pas seulement les scores, puisque j'essaye de comprendre un peu le déroulement de chaque victoire ou défaite. Ca me permet surtout de suivre le parcours des copains avec qui j'ai joué, des plus vieux (Zaza), aux plus jeunes (Vissio), en passant par les plus bavards (Labonté).
 

Aujourd'hui retraité du hockey. Tu travaille à plein temps. Comment sont rythmées tes journées, tes semaines, tes mois ? Quelle fonction occupe-tu exactement ?

 
Les journées sont courtes, ou longues, dépendamment d'où on se place pour regarder. J'occupe le poste de spécialiste marché pour une marque américaine de casquettes et de textile, et mon rôle est de sillonner les marchés dont j'ai la charge pour les connaître de fond en comble et faire évoluer les produits pour qu'ils collent le plus possible aux demandes des consommateurs. Donc beaucoup de déplacements, un aspect fortemment tourné vers le produit, un autre vers la vente, ce qui fait que les journées sont chargées, mais très intéressantes.

Tu as également pu t'essayer au métier de consultant pour Canal + et Sport + notamment, sur des matchs de NHL ou durant les championnats du monde. Peux-tu nous en parler ?

Oui, ça s'est fait un peu par hasard, mais c'est un vrai plaisir. On m'a demandé d'intervenir sur un match NHL et ça a bien pris, alors j'ai continué avec l'équipe de France et son parcours mémorable aux mondiaux. Bref, ce n'est jamais très compliqué de regarder et donner son avis sur le sport qu'on aime. Je le fais de toute façon devant ma télé !

Un mot sur les joueurs Français de l'étranger, et notamment la présence de Roussel à Dallas pour quatre saisons et l'arrivée du Pierre-Edouard Bellemare à Philadelphie. Et les autres ? 

Un mot ? WOW... Roussel est un exemple de parcours à suivre de par l'énergie et l'intensité permanente qu'il met dans son jeu. Pour Pierre-Edouard, que je connais mieux puisque j'ai eu la chance de jouer avec lui en Equipe de France, c'est simplement l'aboutissement d'un parcours irréprochable. C'est un garçon exemplaire autant dans son attitude, que dans l'intelligence qu'il a eu de remettre sa carrière en question permanente pour progresser et monter les échelons. Il aurait pu rester le roi du hockey français, il a fait le choix de devenir un joueur parmi tant d'autres en Suède... pour en arriver là où il est aujourd'hui. Et je suis persuadé que cela ne fait que commencer.
Pour les autres, c'est également impressionnant, même s'il est plus compliqué de les suivre. Mais le fait que leur nombre grandisse chaque année, dans des rôles de plus en plus importants et des résultats de plus en plus probants est un signe fort de ce que devient le hockey français.
 

Tu as nous l'imaginons du temps pour suivre tous les championnats auquel tes anciens camarades participent. La Ligue Magnus, parlons-en... et La D1...

J'essaye, tant bien que mal. Je garde autant contact que faire se peut avec les potes, je regarde les résultats, parfois les matchs sur internet quand ils passent. Ces é championnats sont en progression forte. La D1 par son niveau général, et la reconnaissance que lui accorde de nombreux jeunes aujourd'hui comme ligue de développement, ce qui est important, la Magnus de par sa consistence et sa densité. Predire ce championnat était beaucoup plus facile il y a 5 ans qu'aujourd'hui.

 

La France co-organise les championnats du Monde en 2017 avec l'Allemagne. Tu seras de la partie en tant qu'ancien international ?

 
En tant que spectateur, avec plaisir. Mais ça devrait être à peu près tout. Je crois que les choses sont bien en place de ce côté là.
 
La France justement, jouera un match amical à Anglet, le 20 décembre face à la Slovénie. Qu'Est-ce qu'un tel match peu apporter au public et au hockey sur la côte basque ?
L'Equipe de France est une réelle vitrine aujourd'hui de ce que représente le haut niveau en terme de vitesse d'exécution, d'attention aux détails, de technique et de tactique. Les joueurs qui y évoluent sont ce qui se fait de mieux à l'échelle des principaux championnats européens, et chaque supporter peut d'une part être fier d'appartenir à une nation grandissante sur l'échiquier mondial. En plus de voir un spectacle sportif de grande qualité.
 

Le mot de la fin...

 
Que rajouter si ce n'est que je porterai toujours l'Hormadi, les joueurs que j'y ai côtoyés et les moments passés à la Barre au fond de mon coeur. C'est un club singulier, et qui peut être fier de sa spécificité. Même si atteindre le haut niveau nécessite beaucoup de rentrer dans le moule qu'impose le sport professionnel de nos jours, il faut toujours que l'Hormadi arrive à garder en tête ce qui fait sa particularité et le revendique. C'est ce qui fait tout son charme. Mais pour ça, je ne m'inquiète pas trop...

Ah oui, et bonne saison les gars. Je sais pas pourquoi, mais je sens que cette année va être un bon cru !