25 Juil Interview : Fabrice Lhenry

Publié le 23 juillet 2015

Interview : Fabrice Lhenry

A l'occasion des stages d'été Educ'HOCKEY Lhenry/Barin, ces premières semaines de juillet, l'entraîneur des gardiens de l'Hormadi, Cyril Lafitte (également entraîneur assistant sur ce stage), en a profité pour réaliser deux interviews de gardiens.

En premier lieu, Fabrice Lhenry. Après plus de 20 ans en tant que gardien de but de haut niveau, le natif de Megève revient sur son arrêt de carrière et le début de la suivante, celle d'entraîneur des Dragons de Rouen. 

Tu t'étais préparé un jour a raccrocher les patins en tant que gardien. ça s'est fait à l'intersaison. Etait-ce prévu si tôt ? Comment est-ce que cela s'est déroulé ? 

Il n'y avait rien de prévu. A la fin de la saison, j'ai eu mon entretien avec le manager et le président, et ils m'ont proposé le poste d'entraîneur principal des Dragons de Rouen. Je ne m'y attendais pas trop et je ne savais pas ce que j'allais faire. J'avais une proposition pour aller jouer ailleurs, mais après avoir réfléchis quelques jours j'ai accepté la proposition. Avant d'accepté je voulais être sûr que Hari Salo pouvait se joindre à moi car être coach tout seul en Ligue Magnus, c'est déjà quelquechose de compliqué pour un entraîneur d'expérience, alors sans expérience comme moi, c'était une situation qui pouvait mener droit dans le mur. C'était donc le bon moment pour changer de cap dans ma carrière, arrêter de jouer pour entraîner car une telle proposition d'entraîner Rouen était une aubaine. 

Après avoir pris ta décision, as-tu regarder en arrière pour repenser un peu à cette carrière incroyable ? Avec le recul, comment analyses-tu ta carrière ?

Je n'ai pas trop pensé au passé, mais plutôt à tout ce que je devais et pouvais faire pour préparer la saison à venir. J'ai switché assez vite. 

Ma carrière a été personnellement enrichissante. J'ai eu la chance de voyager, de vivre de ma passion, de vivre à l'étranger et de connaître d'autres pays, d'autres langues. J'ai connu énormément de gens, de coéquipiers, de supporters. c'est incroyable de côtoyer autant de monde dans une carrière. Du point de vue sportif, j'ai eu la chance de jouer 4 JO, 17 championnats du Monde. C'est excellent de vivre des évènements aussi énormes.

Le parcours de Fabrice Lhenry sur : http://www.eliteprospects.com/player.php?player=12203

Toutes ces années de hockey restent de très bons moments. Je reste dans le monde du hockey en passant sur le banc, en tant que coach, en retournant dans le vestiaire. Cela me permet aussi de passez d'un rôle à un autre plus facilement je pense. 

 

 

 

Il y a Rouen, mais il y a aussi Educ'HOCKEY, votre école d'été avec Stéphane Barin. C'est la 6e édition cette année. D'où est partie cette envie de monter un stage ?

Nous avons reçu beaucoup de remarques de parents qui nous demandaient pourquoi, avec l'expérience que l'on fait, on ne transmettait pas cela aux jeunes. J'encadre des stages depuis que j'ai 16 ans, j'ai donc toujours un peu entrainé. L'idée a muri, et on s'est dit, pourquoi pas monter notre stage ? Nous voulions aussi bien nous entouré avec d'autres entraîneurs compétents et on s'est lancé voilà 6 ans déjà. Nous voulions aussi dès le début partir du principe d'encadrer toute la journée. Du lever au coucher en passant par la glace et la vie en collectivité. Les enfants viennent aussi pour nous connaître dans un contexte. Nous aurions pu laisser les enfants à des BAFA et n'intervenir que sur la glace, mais ce n'était pas notre philosophie. Après 6 éditions, nous accueillons 80 joueurs sur la semaine des joueurs, 40 gardiens sur la semaine des gardiens. Les enfants reviennent, de nouveaux nous rejoignent. On peut dire que c'est une réussite. 

Au début, il n'y avait que la semaine des joueurs (les 2 premières éditions), ensuite vous avez rajouté la semaine spécifique gardien il y a 4 ans, et cette année, il y avait aussi une semaine de plus avec des gardiens de haut niveau (Magnus, D1, Equipe de France Juniors). Elle vient de se terminer.

Comment analyse-tu cette évolution ?

Nous avons fait évolué le stage, par rapport à la demande que nous avions, notamment des gardiens, tout en restant dans une dimension humaines pour ne pas tomber dans un stage/usine. C'est une première pour le stage de haut niveau et c'est aussi une évolution pour la préparation des gardiens de haut niveau. L'idée est de leur permettre d'arriver déjà prêt pour la saison et les camp d'entraînement de début août. J'ai souvent eu l'expérience de vivre des camps qui démarrent à fond, pendant lesquels nous n'avons pas forcément le temps de revoir les techniques de bases de nos déplacements. Ce stage leur permet aussi d'avoir une préparation physique encadrée, une approche de la préparation mentale avec un intervenant et de corriger certaines techniques avant la saison.

L'entraînement, ça va devenir ton métier à temps plein. Comment envisage-tu la saison à venir avec Rouen ? 

On va déjà essayer de boucler notre effectif, car nous sommes encore à la recherche d'un attaquant. Ensuite, ça va vite s'accélérer car le planning d'août est prêt. La planification de la préparation physique a été faite par notre préparateur. Ensuite la partie la plus cruciale va consister à apprendre à connaître les joueurs car nous changeons une grosse partie de l'effectif. La dernière quinzaine d'août va donc consister à identifier les bonnes combinaisons possibles de joueurs. Nous partons en stage à Megève, ensuite en tournoi à Bordeaux. Et il sera l'heure de commencer par la Coupe de la Ligue et le match des Champions, ça va arriver vite. Mon but est de tirer le maximum de chaque joueur, de les faire progresser aussi et de faire joueur l'équipe à 4 lignes. Je souhaite aussi spécialiser les joueurs dans des escouades spéciales, que tous aient un rôle. 

Tu as quelques amis à l'Hormadi. Comment as-tu vu évoluer ce club, avec en point d'orgue la finale de D1 cette saison ? 

l'Hormadi je l'ai connu à mes début, ensuite en Magnus, Anglet est revenu en D1. C'est une équipe qui est toujours compétitive pour joueur le haut de tableau de D1 ces dernières années. Il se structure de plus en plus. L'Hormadi a jouer le titre la saison passée et ce n'est vraiment pas passé loin pour les hommes de Dim.... si la surfaceuse avait tenu bon, ça aurait peut-être changé la donne...plaisante Lhenry.

Anglet a prouvé que dans le sport, il n'y a pas que les moyens qui comptent pour gagner, ou tout du moins rivaliser avec les meilleurs écuries, comme Bordeaux notamment. Il faut que ce club continue de se structurer comme il le fait depuis plusieurs années et ce sera la condition nécessaire pour que sportivement l'équipe continue de jouer le haut de tableau en D1, monte j'espère un jour, et joue ensuite durablement en Magnus. La structuration de l'Hormadi pourra peut-être aussi lui permettre d'être un gage pour la future Magnus, plus professionnelle. Certains clubs peut-être, ne pourront pas suivre le rythme et Anglet qui est en SASP depuis plus d'une décennie, sera peut-être prêt à grimper. 

Un dernier mot avant les camps d'été des hockeyeurs ?

Il faut bien profiter des derniers jours de vacances, tout en se préparant physiquement et continuer à l'orée de la nouvelle saison à prendre du plaisir dans ce que vous faites. Tout au long de ma carrière, pendant plus de 20 ans à haut niveau, j'ai toujours pris du plaisir.